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Viols par des militaires : « De la Syrie à la Centrafrique, de Guantanamo à Kiev, le point commun c’est l’impunité »

samedi 7 octobre 2017

Guerres

Viols par des militaires : « De la Syrie à la Centrafrique, de Guantanamo à Kiev, le point commun c’est l’impunité »

par Nolwenn Weiler 4 octobre 2017

Les viols en temps de guerre restent, dans leur immense majorité, impunis. C’est ce que révèle une enquête menée par neuf journalistes et publiée ce mercredi 4 octobre aux éditions Autrement. Des prisons syriennes aux bureaux de la Cour pénale internationale, des bases de l’armée française en Centrafrique aux couloirs de l’ONU, en passant par Guantanamo ou l’Ukraine, ces journalistes ont enquêté sur ce sujet tabou qui fait pourtant frémir par son ampleur et par l’impunité totale dont bénéficient les agresseurs sexuels en uniforme. Entretien avec Justine Brabant, journaliste et co-directrice de l’ouvrage.

Une psychologue rencontrée au fil de votre enquête explique que le viol agit à la manière d’une bombe à fragmentation. « Il va plus loin que la mort, dit-elle, il brise la communauté. » Pourquoi ?

Justine Brabant : Certains médecins parlent du viol comme d’une arme « radioactive », parce qu’il irradie, dans l’espace et dans le temps. C’est un crime qui a des conséquences physiques et psychologiques immédiates pour la victime et son entourage, mais également – et on le sait moins - des conséquences de plus long terme pour la victime, sa famille, son village, sa communauté religieuse ou ethnique. Dans beaucoup de pays où le viol est tabou, les femmes victimes sont exclues socialement. Elles peuvent être rejetées par leur mari, leur familles peuvent être bannies. Les liens de parenté sont affectés voire détruits.

Sur des terrains de guerre, comme au Congo par exemple, où chaque geste quotidien – manger, trouver de quoi s’abriter… - est compliqué, on peut imaginer à quel point ces conséquences sociales sont lourdes, pour ces victimes d’abord, et pour leurs familles ensuite. Nous interrogeons dans notre livre un psychologue et psychanalyste qui travaille avec des patients qui ont été violés ou torturés lors de la guerre en Syrie. Il confie qu’il « s’inquiète beaucoup de ce que cela va donner l’après » : une fois la guerre finie, ces crimes continueront d’irradier et nul ne sait comment ces victimes vont réussir à se reconstruire. Lire la suite sur le site du magazine Bastamag.

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