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qui ont porté plainte pour viol contre des membres de l'armée française
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Les exactions impunies de l’opération Sangaris

mardi 5 septembre 2017

L’armée française en Centrafrique

Les exactions impunies de l’opération Sangaris

3 janvier 2017 Par Justine Brabant et Leïla Miñano

Présentée comme un « succès » par le ministère français de la défense, l’opération Sangaris a quitté la Centrafrique, fin octobre 2016, en laissant derrière elle plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles, y compris sur des mineur(e)s. Elle laisse également un enfant possiblement né de l’une de ces violences. Alors que la justice française enquête, la liste des victimes pourrait encore s’allonger.

Justine Brabant et Leïla Miñano ont travaillé plusieurs mois sur ces affaires, à Paris mais aussi à Bangui et dans d’autres villes de Centrafrique. Elles ont retrouvé des victimes qui racontent les agressions subies. Elles ont interrogé des enquêteurs mandatés par les Nations unies, des responsables d’ONG s’occupant de mineurs violentés, des magistrats et des policiers centrafricains. Et leurs récits convergent.

Elles ont également eu accès à plusieurs rapports internes de l’armée française, qui soulignent les nombreux problèmes rencontrés dans le camp des militaires français à Bangui. Dès août 2014, l’Inspection générale des armées est alertée par des officiers. Un sergent demande instamment à « augmenter la prévention concernant la prostitution  ».

Des militaires ayant participé à l’opération Sangaris témoignent dans cette enquête de ce qui pouvait se passer dans le camp. «  Un pote m’avait donné une technique si je voulais le faire », dit l’un, évoquant les « fellations contre nourriture ».

Saisie d’une partie des affaires, la justice française n’a guère progressé. Le Parquet de Paris a ouvert trois enquêtes préliminaires, dont une a débouché sur une information judiciaire. Aucune mise en examen n’a à ce jour été prononcée.

Cette enquête s’inscrit dans le cadre de l’opération « Zero Impunity », dont Mediapart est partenaire. « Zero Impunity » documente et dénonce l’impunité dont bénéficient les auteurs de violences sexuelles en conflit armé. En partenariat avec plusieurs médias internationaux, Mediapart publiera jusqu’au mois de mars six grandes enquêtes qui décryptent les mécaniques de l’impunité au sein de nos institutions publiques, de nos organisations internationales et même de nos armées. Lire les chapitres.

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