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La vérité sur le génocide des Tutsis

dimanche 22 juin 2014

La vérité sur le génocide des Tutsis

Paul MORIN Directeur du Mouvement antiraciste européen, Egam, Laura SLIMANI Présidente des Jeunes socialistes, Antoine CARETTE Président des Jeunes démocrates, Laura CHATEL Secrétaire fédérale des Jeunes écologistes, Lucas NÉDÉLEC Secrétaire fédéral des Jeunes écologistes, Nordine IDIR Secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes de France et Sélim-Alexandre ARRAD Président des Jeunes radicaux de gauche

18 juin 2014 à 18:06

Extrait de la lettre ouverte mise en ligne sur le site du journal Libération :

TRIBUNE

Comme tout crime contre l’humanité, le génocide des Tutsis du Rwanda nous concerne. D’autant que ce crime fait aussi partie de l’histoire de notre pays. Notre génération refuse la loi du silence et réclame la vérité. C’est pourquoi nous irons, ensemble, au Rwanda, où nous porterons ce message à la société civile et aux jeunes générations rwandaises.

Disons-le clairement : Paris a soutenu le régime génocidaire au Rwanda avant, pendant et après le génocide perpétré contre les Tutsis, qui fit plus de 800 000 victimes entre avril et juillet 1994. Une poignée de personnalités, de droite comme de gauche, situées au plus haut niveau de l’appareil d’Etat, endossa au cours du second septennat de François Mitterrand, la responsabilité d’une politique secrète qui dura, a minima, de 1990 à 1994.

Cette politique, qui ne fut jamais discutée au Parlement, et encore moins devant les Français, prit la forme d’un soutien politique, militaire et diplomatique envers les extrémistes rassemblés dans le mouvement Hutu Power, mouvement dont l’appareil d’Etat français connaissait la nature structurellement raciste, totalitaire, génocidaire.

Depuis vingt ans maintenant, cette poignée de responsables, croyant ainsi sauver leur honneur, refuse de répondre de leurs actes et tente d’obstruer l’éclatement de la vérité en tenant un discours de déni, voire de négationnisme. Les faits sont pourtant éloquents.

[...] Il est établi que l’opération Turquoise, lancée le 22 juin sous le chapitre VII de l’ONU, ne fut pas, comme cela a été officiellement présenté, une opération neutre et humanitaire. Certes, les ordres de l’opération Turquoise stipulaient qu’il convenait de « faire cesser les massacres », mais ils visaient aussi à « rétablir l’autorité » des forces locales « civiles et militaires » qui venaient de commettre le génocide.

Il est établi que, pour se porter au secours des rescapés, des soldats français ont dû désobéir aux ordres de l’état-major de Turquoise. De cela, les rescapés des collines de Bisesero, abandonnés aux milices génocidaires trois jours durant par les soldats français, témoignent implacablement.

Il est établi que cette opération « militaro-humanitaire » a permis de couvrir la retraite vers le Zaïre du gouvernement génocidaire et des milices, sous la protection de fait d’un contingent qui, malgré son engagement sous chapitre VII des Nations unies, avait reçu ordre des plus hautes autorités politiques et militaires françaises de rester l’arme au pied. Lire la suite.

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